Voilà un projet alléchant incluant quelques grands (très grands parfois) noms de la BD européenne et américaine. La bande-annonce est prometteuse, et l’on se dit qu’avec un personnel pareil le film va être une réussite, même si l’aspect technique paraît particulièrement rudimentaire.

La déception est de mise. Ces quelques peurs du noir oscillent entre le fantastique bon marché, l’ambiance japonisante sans inspiration et le monologue insupportable d’une bobo qui semble avoir adopté tout ce que Luchini peut faire de pire lorsqu’il est cabotin.

La polysémie du mot “peur ” est explorée jusque dans ses moindres recoins, si bien qu’en fin de compte on se retrouve souvent dans des ambiances qui n’ont pas grand chose à voir avec ce que le titre laisse entendre. Mais après tout, pourquoi pas, ne soyons pas sectaires.

Là où le bât blesse, en plus de scénarii en sous-régime permanent (Charles Burns notamment), c’est au niveau du montage, qui voudrait bien imiter ce que certains omnibus japonais ont su faire de mieux : le mélange des styles et des histoires pour former un tout cohérent. Or, on est bien loin de la maestria de films tels que Manie Manie : Peur(s) du noir juxtapose des scènes sans lien aucun, dans une esthétique revendiquée de la douche écossaise. On passe du fantastique pur aux élucubrations terre-à-terre, du baroque à la BD pulp, sans qu’à aucun moment le recette ne marche. Pourtant, l’idée peut parfois être excellente…

Ajoutons à cela un casting clinquant conçu pour attirer les lecteurs de BD alter-gros éditeurs, et l’on obtient un film décevant, à mi-chemin entre l’esprit Canal (on se croirait devant le Vrai Journal lorsque débute le générique) et le nombrilisme de l’Association (le noir et blanc ne pourra qu’encourager l’amalgame stylistique -réel au demeurant -avec Persépolis).

Cela dit, ne peignons pas tout en noir, il reste tout de même l’oeuvre de Blutch, qui, même éclatée, est absolument splendide, tandis que MacGuire parvient au dernier moment à nous intéresser, nous laissant partir avec la vague illusion d’avoir tout de même vu deux trois choses intéressantes.

Bien entendu, cet avis est tout sauf objectif, il reflète simplement la déception que certains pourraient éprouver à force d’avoir trop attendu.

Additious

2 commentaires à “Peur(s) du noir, le frisson bon marché…”

  1. L’inversion du noir&blanc me rappelle Sin City de Frank Miller…

  2. Oui mais en fait ça n’a rien à voir, le style graphique est très différent, et il n’y a que le contraste absolu qui soit en commun

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