Cela fait maintenant pas mal de temps que l’animation japonaise a amorcé une étonnante mutation. Depuis maintenant environ deux ou trois ans, celle-ci semble se couler dans des formats nettement plus surprenants, des courts-métrages en général, privilégiant parfois la diffusion télévisée (il ne s’agit donc pas d’un format OAV) dans le cadre de programmes conceptualisés et présentés comme le fruit d’un travail d’avant-garde.

Malgré ce que l’on pourrait croire, ce type d’entreprise n’était pas particulièrement répandu auparavant. Les travaux pionniers du studio 4°C ont beaucoup aidé à populariser le format. Le succès est au rendez-vous, d’ailleurs de nombreux autres protagonistes ont pris place sur le marché, proposant à chaque fois des courts-métrages de très grande qualité, mais ayant des buts très différents : publicités (Hairy Tale), clips (Universe, Peut-être toi de Mylène Farmer, Breaking the Habit de Linkin Park), films d’auteurs dans le cadre d’omnibus (Genius Party), d’OAV (Amazing Nuts, certaines oeuvres de Makoto Shinkai) ou, et cela est très nouveau, de séries telles que Ani*Kuri 15, série de 15 courts d’une minute, ou N.Y Salad, série de courts-métrages “pour enfants” que l’on doit à Yoshitaka Amano.

Le court-métrage d’animation semble ainsi actuellement connaître un véritable âge d’or : il est en effet assez peu onéreux et trouve toujours un public fidèle d’amateurs curieux de traquer la moindre rareté. C’est encore plus flagrant pour le clip, qui attire à la fois les amateurs du groupe et les amateurs d’animation.

Une entreprise telle que Ani Kuri fait partie des projets les plus intéressants du moment, et elle n’est pas à prendre à la légère, car elle a fait intervenir les gens les plus qualifiés du milieu tout en se présentant comme une série-concept permettant à des “auteurs” de s’exprimer. Cette série, parue au moment où la publicité Hairy Tale du studio Production I.G fait parler d’elle pour sa très grande qualité, pointe une nouvelle direction pour le court-métrage d’animation : de plus en plus, le court devient ce qu’il a toujours été pour le cinéma, c’est-à-dire un format permettant plus de liberté parce qu’il est plus confidentiel, tout en revendiquant définitivement une prétention à faire de l’art.

C’est un pas décisif pour l’animation japonaise, espérons qu’il aura des suites.

Additious

4 commentaires à “L’animation japonaise, un nouvel âge d’or pour le court-métrage ?”

  1. Au niveau clip, rien n’est bien nouveau mais ça commence à sérieusement devenir récurrent (dommage que les clips manquent un peu de “sens” par moment (pense fort à Mylène Fermière)).

    Pour les pubs, je vote oui. Exemple avec Hairy Tale qui permet de nous présenter un shampooing autrement qu’en nous montrant Penelope Cruz hochant de la tête. C’est surprenant sur le fait (finalement, on ne voit pas le résultat du produit) mais après tout, on le connait le résultat donc une présentation comme celle ci attire plus l’oeil.

    Merci de nourrir notre culture G Wata :)

  2. Merci angel. J’ai cher cherché des clips pour voir à quel point l’animation y était présente, et j’ai quand même été surpris de voir que ceux-ci ne sont pas aussi nombreux que ce que l’on pourrait croire. C’est un phénomène en pleine explosion aussi, surtout depuis que l’animation connaît un succès mondial.

    Concernant les autres format, je trouve ça vraiment excitant, les initiatives diverses pleuvent en ce moment. Il me tarde d’ailleurs de voir Genius Party…

    Quant à Hairy Tale, quelle pub, quelle pub !

  3. dommage que les clips manquent un peu de “sens” par moment (pense fort à Mylène Fermière > C’est ça qui donne tout son sens au clip :}

    Allez si ça tente quelqu’un, un court métrage que j’ai découvert à un de ses concerts d’ailleurs, un court métrage mi-français mi-japonais traitant du drame d’Hiroshima d’une manière peut-être très spéciale mais non moins intéressante.

    http://www.escalle.com/pagesweb/contedumondeflottant_videof.html

  4. Très étrange ce court ! dommage que la qualité de la vidéo soit un peu pourrave.
    Concernant les clips, cela a toujours été le même problème : soit on assiste à une débauche d’images sans sens, soit le scénario est minable, soit tout simplement il ne se passe rien (Mylène Farmer qui court qui court…).
    Pour les courts-métrages autres, ça dépend, parfois c’est le côté absurde ou farfelu qui est privilégié, parfois le scénario est bel est bien là. L’exemple parfait encore une fois est Ani kuri : les deux premières saisons sont un peu hétéroclites, mais la troisième est globalement très scénarisée…

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