
Cela fait maintenant quelques temps que l’artbook de Samura intitulé Hitodenasi no Koi est sorti (traduit en anglais par The Love of the Brute), l’occasion pour nous de revenir dessus : autant le dire tout de suite, Samura explore dans cet artbook assez riche toutes les tendances les plus sadiques et sexuellement dépravées que l’on avait eu l’occasion de percevoir dans son chef-d’oeuvre L’Habitant de l’infini.

Globalement, l’esthétique et le sujet des dessins qui nous sont proposés tournent au mieux autour du SM, au pire autour de la torture à caractère sexuelle ; et concernant ce domaine, Samura atteint probablement un sommet jamais atteint. On peut sans crainte comparer cet artbook au film de Takashi Miike, Audition, si ce n’est que Samura ajoute en plus la dimension permanente de la sexualité.

Les photos que j’ai prises ont été choisies pour leur côté light comparé au reste, parce que mon but n’est pas de racoler, mais si vous tenez à acquérir cet artbook d’un prix moyen de 20 euros, soyez préparés, car on trouve diverses tortures faites à des jeunes filles ou des femmes enceintes, et des procédés qui vont de l’aiguille à la bouteille en passant par l’empalement sur une stèle, la pendaison et le bondage ultra-violent.

On reste confondu face à un tel spectacle. Bien évidemment, nous ne sommes plus à l’âge où l’on décrit la personnalité d’un artiste à l’aune de ce qu’il produit, mais Samura dépasse de tellement loin tout ce que l’on a pu voir dans le domaine du manga que l’on a bien du mal a ne pas retomber dans ces considérations du siècle dernier.
Confondu, on l’est aussi face à la splendeur du dessin, à la finesse du trait, et au génie de l’agencement de la scène décrite. En fin de compte, c’est une expérience assez déasagréable que de feuilleter cet artbook, parce qu’on aimerait pouvoir s’extasier purement et simplement en hurlant au génie graphique, mais la violence extrême et le climat ultra-malsain sont absolument glaçants, le tout relayé par un noir et blanc permanent qui achève de donner la nausée.
A vrai dire, je ne sais toujours pas comment conclure sur ce livre… Il dépasse simplement les mots, et mine de rien, on éprouve parfois même un certain malaise à savoir qu’on le conserve quelque part sur une de ses étagères. Un livre aussi passionnant qu’il est révoltant.
Je ne peux malgré tout pas m’empêcher de vous laisser un lien vers la photo que j’ai mise tout en haut de l’article, dans un format nettement plus agréable à l’oeil…Elle est ici.
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J’aime beaucoup ton article Wata mais comme tu l’as dit très justement dit, le problème avec ce genre de livre est que même si l’on trouve le dessin très beau, les expressions du visage qui sont extrêmement bien retransmises; on ne peut pas s’empêcher de se sentir gêné de le posséder.
merci sacrilège ; effectivement, cet artbook est vraiment unique, et quand j’y pense, je finis moi-même par me demander pourquoi j’ai décidé de l’acquérir ^^”
En tout cas ça colle bien au thème de l’ultra-violence dont on parle en ce moment sur le forum… n’est -ce pas??
J’aime beaucoup la façon dont tu abordes le sujet Wata et je vais te suivre dans ce sens.
L’auteur de L’habitant de l’infini dessine extrêmement bien, on peut vraiment pas lui retirer ça. La question est : pourquoi un tel artbook? Pourquoi choisir de mettre un coup de crayon si magistral au service d’un thème si malsain?
Là est ma vraie question personnellement. Je trouve dommage de devoir faire abstraction (d’une certaine manière) du thème pour apprécier le travail d’un auteur. J’aurai du mal à dormir en sachant qu’un tel livre traine sur mon étagère :p (oui, je suis un grand sensible).
C’est dommage… il dessine vraiment bien cet auteur :]
ahaha. Tu vois ce que je ressens ! Une présence fantômatique de femmes mutilées du côté de ma bibliothèque, brrrr!
La plus belle image est sans doute la première. C’est beau et déguelasse.
Et je suis tout à fait d’accord avec toi. A admirer ces images on se demande s’il est dérangé ou pas. C’est con mais je le pense. Si ce genre de truc ne te gêne pas particulièrement je te conseille Ichi the Killer (le manga) qui fait très très fort dans le malsain. A tel point qu’une planche m’avait limite fait gerber, c’était la première fois que je ressentais ça ! Berserk and co c’est de la gnognotte à côté…
Ichi the Killer ? Je note.
L’image que j’apprécie particulièrement dans celles que tu as mises est l’avant dernière; je trouve l’expression de la fillette assez poignante.
ouais c’est pour ça que je l’ai choisie ! mais c’est bien la seul où l’on trouve une expression humaine comme celle-ci.
Ichi the Killer j’ai un peu du mal, je trouve l’aspect violent un poil trop gratuit
C’est justement le principe de ce manga (même auteur qu’homonculus) d’ailleurs même le film n’a pas autant fait dans l’excès, tout simplement dans la gratuité… Je suis curieux de savoir ce que doit penser un dessinateur lorsqu’il bosse sur ces thèmes. Je ne sous-entends pas le fait qu’il puisse y prendre plaisir, mais ce qui le motive etc.
En ce qui concerne l’auteur d’Homunculus, même si je connais peu Ichi, on perçoit quand même un réel intérêt pour des thèmes psychiatriques ou psychanalystiques, du coup on perçoit une réelle utilité à certaines scènes même si c’est ultra-violent.
Mais dans le cas de Samura c’est nettement moins clair, parce que l’Habitant de l’Infini est un manga violent, cruel, un peu sadique parfois, mais soutenable pour presque tout le monde. L’incroyable c’est cet artbook, qui révèle ce qu’on ne pouvait que soupçonnait chez lui : un goût dément pour la torture et les femmes maltraitées.
L’éléement de réponse qu’on peut donner concerne la culture nipponne, qui a depuis très longtemps cultivé cette imagerie, et qui du coup la tolère plus facilement que nous, parce qu’ils savent précisément quelle dimension elle a, contrairement à nous qui ne connaissons rien au domaine. Dans tous les cas, Samura dépaase tout de même ça de très loin !
Le paradoxe entre l’esthétique du trait et la cruauté malsaine s’en dégageant rend effectivement ces planches….exceptionnelles dans un sens.
Elles poussent à son paroxysme l’émotivité du dessin, en un sens. Par exemple, un dessin classique mais très bien fait parviendra à nous plaire, tandis qu’ici il est à la fois plaisant à voir et porteur d’une sensation forte, incontournable.
Je pense me procurer cet artbook, si j’en ai l’occasion.
IL coûte environ 20 euros (sur benippon quoi).
Il y a quand même des planches ouvertement indescriptibles d’horreur.
Et fais gaffe, je crois qu’il est sorti depuis un petit moment déjà, peut-être risque-t-il d’être épuisé ???
Acheté ce jour chez Junku pour 41€00.
Superbe livre, extrèmement violent c’est vrai mais en cherchant sur le net on trouve bien pire, en couleur et bien plus malsain.
En tout cas très beau trait!
Au fait, vous connaissez d’autres artbook de ce genre?
[...] alors qu’on en juge certains autres comme étant “hyper violents“. Mais à quelle dose de violence passe t-on du statut de “torchon” au statut d’”oeuvre” auprès du [...]