Jun
“Serpents et piercings”, j’ai mal donc je suis
Publié dans Culture nippone by Bjorn le 23 June 2007 à 1:29Je m’aperçois qu’il y a bien peu de littérature dans ce blog. Simple oubli sans doute, car il me semble que la chose y a autant sa place que la cuisine, le net ou la politique. Allez, hop, je m’y colle puisque j’ai un petit roman ou plutôt une nouvelle en réserve.
Alors je vais vous parler d’un ouvrage de Hitomi Kanehara qui s’intitule « Serpents et piercings ».

C’est l’histoire d’une sorte de huit clos entre une jeune femme appelée Lui et deux hommes, Ama et Shiba-san. Lui est fascinée par la modification corporelle qu’Ama a réalisé sur sa langue, modification connue sous le nom de « serpent » (en clair, il a le bout de la langue fendue comme le reptile). De cette fascination et de la volonté de la jeune femme de réaliser la même chose sur elle naît une relation perverse avec Ama et Shiba-san, artiste tatoueur des quartiers branchés de Tokyo.
Comme vous pouvez vous en douter, cette histoire peut être qualifiée de « borderline » comme le milieu dans laquelle elle se déroule. Nous sommes loin du Japon industrieux. L’auteur arrive à nous faire ressentir le besoin de Lui de modifier sa personne et peut-être de se trouver par ce biais. Cependant, plus on avance dans le récit, plus on ressent que cette jeune femme semble plus démunie face à des sentiments simples mais forts, préférant se perdre dans l’alcool et le sexe. J’avoue avoir eu du mal à accrocher au thème de base, n’ayant que peu d’appétit pour les tatouages et autres piercings. J’ai tendance à considérer cela comme de l’auto-mutilation quand d’autres en arrivent à parler d’art. J’ai plus accroché quand ce qui a trait à la douleur, que cela sous-entend, est véritablement arrivée dans le récit. C’est assez étrange car j’aurai pensé que cela m’aurait plus fait fuir qu’autre chose. Sans doute parce que cela renvoie au côté masochiste de ces pratiques et que cela donnait plus de profondeur au personnage principal. Etant entendu qu’il s’agit de pratiques véritablement extrêmes qui n’ont rien à voir avec un petit piercing sur le nombril ou le « à maman pour la vie » tatoué sur l’épaule. Une histoire où le pulsionnel règne en maître.
La mise en page des éditions 10/18 est agréable même si je trouve la police trop imposante. Sans doute que la force de l’habitude m’amène à dire cela, car en lisant souvent des bouquins qui ont trait à mes études j’ai la rétine un peu « déformée ». J’ai également une prévention sur le fait qu’il s’agisse d’une traduction de l’édition anglophone. La traduction du texte original peut déjà occasionner de beaux plantages alors là il est possible de se demander ce qu’il reste du style de l’auteur pour peu que nous soyons tombés d’abord sur un mauvais traducteur américain puis sur un de ses collègues d’infortune français. Il s’agit d’une profession exigeante d’autant plus que l’on ne restitue pas ce genre de texte de la même manière qu’un mode d’emploi pour aspirateur.
Reste que ce livre se lit facilement. Relativement court (165 pages), accessible à toutes les bourses (6,40€), on peut le trouver chez toutes les grandes librairies.
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Je ne lis pas les critiques littéraires et, par conséquent, quand je promène dans une librairie, mon attention se porte naturellement sur les livres à la couverture accrocheuse. Serpents et Piercings fait immanquablement partie de cette catégorie de livres.
Les récits “extrêmes” sont ceux que j’affectionne le plus et il est probable que je me laisse tenter. Merci de nous avoir fait partager ta découverte :]
Je me laisserais bien tenter par ce livre. J’aime assez les personnes torturées, en quête d’elles mêmes. L’univers me semble assez proche de certains livres de Ryu Murakami qui ont souvent pour “héros” des jeunes baignant dans la violence, la drogue, la perversion…
Autant de “dérives” qui dans la réalité m’apparaissent pourtant comme pitoyables. J’aime beaucoup les personnages de jeunes japonais dont la violence interieure se mêle à une certaine naïveté, vulnérabilité apparente (est-ce le cas ici?).
Le fait que ce soit un huit clos doit donner une certaine tension à l’histoire et faire ressentir au mieux les sentiments des personnages.
Dommage qu’encore une fois la traduction se fasse à partir d’une traduction anglaise. Ce genre de traduction dénature totalement le texte original. C’est comme prendre un Botticelli, le pixeliser puis le reconstituer. Youhouuuu
Mais ça ne m’empêchera pas de lire serpents et piercings qui rentre parfaitement dans la categories des livres qui intriguent la cerise.
J’en parle comme d’un huit clos parce que l’ensemble des relations se passe entre ces trois personnages et qu’il y a peu d’autres intervenants. C’est une relation perverse à trois, si tu veux. Quant à la vulnérabilité, ce serait presque le contraire. Des êtres à la dureté affichée de part leur apparence hors-norme (tatouages, cheveux teints, etc…) mais intérieurement fragiles. Ce qui n’exclue pas une grande violence des rapports, des actes, des pratiques. Le personnage de Lui agit parfois comme si la souffrance physique qu’elle s’inflige, qui lui procure parfois une plaisir violent, était plus facile à assumer que les choses simples que tout un chacun est amené à rencontrer comme ne serait-ce que le sentiment amoureux par exemple.
jai trouvé ce livre fascinant! les première lignes ne m’ont pa telmen acroché jdoi dire mai au plus javancai dan le reci et au plus jadorai!
c’est aucun doutes un livre porté sur le sado-mazochisme d’une certaine fason c ‘est peut etre ca qui m’a atirée je sais pas mais en tout cas il est très bien écrit et c’est vrai qu’il se lit très facilement!