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Sucre et caféine : histoire d’une boisson divine
Publié dans Culture by Scalix le 14 May 2007 à 14:13
On m’a dit : « parle de tout ce que tu veux sur ce blog, et fais des textes aussi longs que tu veux, tant que tu t’amuses ». J’ai donc cherché dans mes centres d’intérêt autres que les animes, le Japon, ou les mangas ; bref, autre chose que ce dont on parle sur Anime-Kun. Après de longues heures de réflexions, comme venue du ciel, une idée me traversa l’esprit, plus brillante que jamais, et plus fascinante que tout : l’idée de parler du Coca.
Connaissant relativement bien les rédacteurs de ce blog, je sais que certains ici affectionnent autant que moi cette boisson unique, à l’histoire originale et méconnue.
Je vous souhaite donc la bienvenue dans un monde fait de sucre et de caféine, dans lequel vous pouvez rajouter un soupçon de cocaïne.
Tout le monde le sait, le Coca est devenu, depuis grosso-modo la fin de la seconde guerre mondiale, l’un des grands emblèmes de la civilisation américaine. McDonald’s, première entreprise de fast-food dans le monde, s’est chargée de promouvoir la fameuse boisson. Mais avant de parler du présent, faisons un petit retour en arrière, et découvrons comment l’une des entreprises les plus fructueuses du monde a démarré.
Le 8 janvier 1831, à Knoxville, en pleine Géorgie, naît un certains John Pemberton. Ce dernier grandira normalement, et suivra des études elles aussi normales. A 19 ans, sortant de Macon, l’une des grandes universités de Géorgie, il obtient un diplôme en botanique appliquée à la médecine. Il participera par la suite à la guerre de Sécession, dans laquelle il sera porté pour mort. Miracle, le jeune pharmacien survit à une bataille sans pitié, et finit la guerre, indemne et heureux. Loin d’être brisé, le jeune homme est ambitieux, et en 1869, il s’associe avec une société nommée la Pemberton, Wilson Taylor and Company, basée à Atlanta. Ils créeront de nombreuses pharmacies dans l’Etat, et se rempliront généreusement les poches.
Quelques années plus tard, au beau milieu de sa carrière, notre ami John conçoit une boisson originale. Il découvre en effet le grand succès d’Angelo Mariani, pharmacien corse : le vin Mariani, mélangeant du vin de Bordeaux et des feuilles de Coca. Cette boisson alcoolisée contenait 6 à 7 mg de cocaïne dans chaque bouteille. C’était à l’époque une drogue légale, qui rencontra un succès monumental dans toute l’Europe. Preuve de sa gloire hallucinante, le pape de l’époque, Léon XIII, l’approuva et lui décerna une médaille exclusive. Les grandes célébrités de l’époque contribuèrent aussi à la publicité de la boisson. Voici quelques exemples :
« J’ai à vous adresser mille remerciements, cher Monsieur Mariani, pour ce vin de jeunesse qui fait de la vie, conserve la force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l’ont plus » (Émile Zola, 1895).
« Cher Monsieur, J’ai reçu un tel secours de votre vin au moment de mes dernières couches que je vous conjure de m’en faire envoyer d’urgence une nouvelle caisse » (Léon Bloy, 1898)
Impressionnant non ? Pourtant, cette boisson ne fut légale en France que jusqu’à 1910. Elle devint ensuite le Tonique Mariani, sans cocaïne, et fut disponible à la vente dans de nombreuses pharmacies jusqu’en 1963. Mais revenons donc à la découverte de notre ami le docteur John Pemberton.
Epaté par le succès du vin Mariani, et surement un peu flemmard, il conçu tout simplement sa réplique exacte. Sa boisson plagiat prit le nom de French Wine Cola. Manque de chance pour notre pharmacien, dès 1886, la ville d’Atlanta met en place le régime de la prohibition, et les boissons alcoolisées sont désormais interdites. Déçu, Mr Pemberton n’abandonne pourtant pas son idée, et va chercher un moyen de remplacer le vin de sa boisson, tout en conservant ses effets et sa saveur.
Le 8 mai 1886, notre ami découvre un nouveau sirop. L’histoire est floue sur ces évènements, et l’entreprise Coca-Cola joue allègrement du mystère entourant la conception de sa boisson. Quoiqu’il en soit, la version officielle serait que Pemberton aurait, pas hasard, mélangé l’un de ses tests à de l’eau gazeuse, et que le résultat aurait été stupéfiant. La boisson est rapidement mise en vente à la « Soda Fountain » de la pharmacie Jacob’s, où John travaille. Les clients sont conquis dès leurs premiers essais, et le Coca se fait très rapidement connaître. Franck Robinson, comptable de la pharmacie, sera le créateur du nom « Coca-Cola », en suivant l’idée du double C de Pemberton. Le soda préféré des petits obèses est né, alléluia !
Dès 1887, la prohibition prend fin, et Pemberton décide de reprendre la production de son French Wine Coca, laissant à son fils celle du Coca-Cola. Le pharmacien de génie meurt en 1888, après avoir vendu la totalité de ses droits sur la marque « Coca-Cola » à ses anciens associés. Voila comment les génies ne tirent pas profit de leurs trouvailles.
Le temps passe et la boisson commence à réellement faire parler d’elle.
En 1906, le Coca-Cola se vend en tant que tonique pour le cerveau, et les doses de cocaïne sont largement diminuées (1/400e de grain par once de sirop).
En 1915, Alex Samuelson dessine la première « bouteille à contours » du coca, que l’on trouve en modèle gigantesque devant le «World of Coca-Cola », à Las Vegas. A partir de là, la marque va changer l’Amérique, et bien plus encore. Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’image moderne du père noël, vieil homme vêtu de rouge et de blanc provient de Coca. Auparavant, il était vêtu de vert, et ne bénéficiait pas d’une telle popularité. L’émancipation de l’image des Pinups va elle aussi exploser avec les campagnes commerciales du soda, à l’aide de grands artistes de l’époque, comme Bradshaw Crandell ou Gil Elvgren. Pendant de nombreuses années, la marque sponsorisera les grands évènements sportifs, du fait de l’énorme retombée médiatique dont elle se voyait gratifiée lors de telles occasions.
Dès 1929, la cocaïne disparaît de la composition du liquide. Pour compenser son absence, et entretenir le caractère tonique de la boisson, les doses de caféine et de noix de kola sont revues à la hausse.
Depuis, la consommation de Coca-Cola n’a cessé d’augmenter, à l’image des campagnes publicitaires de la marque.
Le chiffre d’affaire de l’entreprise, en 2006 fut approximativement de 18.5 milliards de dollars. Une étude détaillée montre qu’il n’a cessé d’augmenter depuis les dix dernières années. Malgré de nombreuses rivalités, notamment avec Pepsi-Cola et Virgin-Cola, le bon vieux Coca-Cola parvient à rester en tête, et n’entend pas s’arrêter de nous surprendre, à l’aide de nouvelles variantes de sa boisson, répondant aux envies des nouvelles générations.
Longue vie au Coca !
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Je suis un véritable accro du Coca. Je savais plus ou moins que la boisson avait une histoire singulière sans jamais chercher à aller plus loin. Grâce à toi Scalix, c’est chose faite. Je vais plus loin sans même chercher =}
Bon, ceci dit, il faut quand bien même mettre en avant le fait que, comme tout excès alimentaire, la sur-consommation de coca n’est pas idéale pour la santé =x
Effectivement, 25 cl de coca, c’est un grand verre d’eau, avec 7 sucres dedans. Je piccole environ 1L de coca par jour, autrement dit l’équivalent de 28 sucres.
Je ne suis pourtant pas inquiet pour ma santé, étant donné que je suis sportif et que je grille tout le sucre que j’ai dans le corps.
Cela dit, pour certains personnes fragiles, ou ayant des diabètiques dans leur famille, une telle consommation est évidemment un risque non négligeable, soit de diabète, soit de maladies cardio-vasculaires.
Alors le coca c’est bon, mais si on en boit plein, c’est à nos risques et périls.