Bimbo

Assise sur un banc je prends le soleil. Je regarde ma montre d’un œil distrait en me demandant l’heure la seconde suivante tout en attendant celles qui avaient eu le courage d’aller en cours ce matin.

Encore dix minutes. J’ai largement le temps de m’allumer une cigarette avant que celles-ci n’arrivent, en faisant passer la légère odeur de clope pour un vent que m’aurait soufflé un beau jeune homme en pleine figure. Comme je les connais, qu’elles sont cruches, qu’elles sont blondes, elles me croiront, comme à chaque fois.

C’est vrai que je ne suis pas si mal pour une brunette. Je suis mignonne, je le sais et j’en profite du mieux que je peux, c’est-à-dire la plupart du temps. Je suis entourée de blondes peroxydées plus superficielles les unes que les autres. Alors forcément j’ai du avoir un temps d’adaptation. Et finalement je m’en suis bien sortie. Quel plaisir de pouvoir constater chaque jour leur côté si blonde que bombe. Quel plaisir aussi de constater le fait qu’elles se croient toutes intelligentes, leur prétendue intelligence reposant sur les résultats qu’elles obtiennent ça et là, les empêchant de se rendre compte de ce qu’il en est vraiment. Alors oui c’était bien sympa de traîner avec ces connes jusqu’au jour où je me suis rendue compte qu’elles avaient déteint sur moi.

Le premier effet non désiré fut de poser des questions ; mon premier caractère restant dominant elles tournèrent pour la plupart autour de la mort, de la crémation et de la douleur en général, mais avançant, passant de plus en plus de temps avec elles, je me suis mise à poser des questions, toutes plus gourdes les unes que les autres. Mais là où un semblant de conscience aurait été favorable, il ne revenait qu’après avoir questionné en me montrant en pleine figure à quel point je venais de me ridiculiser.
Elles, évidemment, trouvaient que je posais des questions intelligentes, trop intelligentes pour elle à dire vrai, pour comment pouvoir leur dire vrai ? S’ensuivit alors d’autres effets pas plus recommandables comme une grosse tendance à la collection ; rouge à lèvre comme hommes, amis comme vêtements. J’étais leur idole à toutes ces poufs, le maître avait dépassé ses élèves à mon grand désarroi.

Ça y est. Elles arrivent en marchant comme sur un podium, leurs talons frôlant les bordures des carreaux de la terrasse sur laquelle je suis installée. Elles commencent à discuter, à parler, à bavarder, à jacasser ; des pies intarissables, j’ai au moins maintenant la preuve que ce n’est pas la douleur qui fait crier les oiseaux. Je les regarde, feignant l’intérêt et c’est là que je les vis. Des futurs prétendants venus user de leurs charmes pour pouvoir nous apprivoiser comme tant d’autres ont réussi et échoué avant eux. Ils prirent une table voisine, un sourire éclaira le visage de celui qui semblait être leur leader quand son regard balaya notre table pendant qu’un autre commença à sortir son briquet d’un air désinvolte non sans effet.
C’est trop simple de reconnaître un playboy, encore plus simple de les reconnaître lorsqu’ils se déplacent en bande, trop simple pour moi qui ait tant regardé tous les faits et gestes de mes petites protégées, elles ne voient en eux que des proies alors qu’elles sont les appâts et se font manger sans s’en rendre compte.
Moi je les connais ces mâles, bien entretenus bien entretenants, leurs airs de dandy, leurs cheveux brillants et leurs pulls à rayures. Ils parlent, ils discutent intelligemment, pour une fois je commence à les envier.
Je les connais, mais n’arrive pourtant pas encore à leur résister.
De rapides coups d’œil en direction de notre tablée : il est très dur d’imaginer leur conversation du moment. Ces petites pimbêches n’ont encore rien remarqué comme à leur habitude, ce qui me laisse l’embarras du premier choix.
Ça y est l’un d’entre eux se décide, il vient enfin nous voir…

Additious

2 commentaires à “Bimbo Vs Playboy Part 1”

  1. C’est vrai que c’est un peu méchant… Mais la photo de la dame m’a bien plu (désolé, je suis aussi un gros beauf). En revanche on sait désormais que Scalix scanne des photos du magazine Têtu pour ses illustrations… Le coup de l’érection dans le slip, ça ça doit faire se pâmer les foules de désir :)

    A présent il faudrait qu’un nouveau duo de chroniqueurs se mette en place, et qui s’intitulerait “gros thon vs loser”. Je vois bien Starrynight dans le rôle. Pour la fille, ben… y en a pas d’autres sur AK \o/

  2. Têtu, contrairement à ce que l’on pourrait croire, se révèle être de la grande littérature =]

    La photo provient d’un blog trouvé sur google image via la recherche “branleur”. Comme quoi, ça marche super bien ce moteur de recherche d’images :’ )

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