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Ne soyez jamais le mec auquel on peut faire confiance…
Publié dans Divers by Bjorn le 25 June 2007 à 19:21C’est le truc à emmerdes. En général, quand on vous fait confiance, tout le monde se passe le mot. On pourrait penser que c’est valorisant, que c’est la preuve que les gens ont une certaine estime vous concernant, n’en croyez rien, c’est un leurre, une manière de vous caresser dans le sens du poil, de flatter votre ego. Et comme le dit la célèbre fable : « tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute ». On ne dira jamais trop combien le bon vieux sens populaire peut viser juste.
Prenez mon cas. Je sais, cela peut sembler prétentieux que de dire que je suis un mec de confiance, mais je n’y peux rien, les faits sont là, j’ai beau nier, je peux bien dire sur tous les tons que non je suis un glandeur comme les autres, qu’il m’arrive comme tout un chacun de péter au lit, voire même de ne pas changer tous les jours de slip, rien n’y fait si quelqu’un a une emmerde, un petit secret, un problème de cœur, de fric, de taf, c’est à moi que l’on s’adresse. Comme si j’avais un écriteau sur la tronche, « mec de confiance, gratuit, affaire à saisir ». Il ne faut pas croire que la situation soit facile parce qu’il n’y a aucune réciprocité dans ce genre de rapport. Vous avez des ennuis, personne ne bougera, des peines de cœur, gardez-les, une baisse de moral, chacun ses emmerdes.
Bien évidemment, on ne vous le dira pas ainsi, il faut préserver les apparences, nous sommes des êtres civilisés et en civilisation on peut péter, mais en silence s’il vous plaît. Prenons un exemple. Pendant des mois, entre novembre et mars pour être plus exact, j’ai traîné un méchant blues. Le cafard, du genre qui ne s’explique pas ou plutôt qui a de multiples raisons. Les tracas du quotidien vous pèsent plus que d’habitude, pour peu que votre vie sentimentale soit à marée basse et, hop, il s’installe en vous bouffant votre joie de vivre. En général, vous le portez sur vous, cela se voit. En tout état de cause quand cela arrive à quelqu’un que je connais, moi je le vois. Vous croyez que les gens qui m’entourent et qui me font « confiance » s’en seraient inquiétés ? Ben non, ils ont autre chose à faire et ne manquent jamais de vous « faire confiance ».
Autre exemple, les périodes d’examen. Je sors d’un mois de révisions pour les partiels où je n’ai pas passé une journée, parfois même la veille au soir d’un examen, sans être sollicité. Des appels à l’aide, des « au secours » déchirants, et me voilà devenu « l’abeille Flandre ou plutôt Languedoc » pour étudiant perdu en mer. Ils savaient bien que cela m’emmerdait à un moment donné, parce que moi aussi j’avais besoin de réviser. Ils savaient bien qu’à un moment c’était exagéré, mais non, après les excuses d’usage on fait appel au gars en qui on a confiance. La limite entre cela et le fouttage de gueule est ténue. J’en ai eu la preuve encore il y a peu. Une copine africaine me pose une question en droit immobilier le jour de l’oral. Je viens de passer la matière, je suis content d’être sorti de ce traquenard et je me prépare mentalement pour ceux qui suivent. A cette nana, je lui fais comprendre que « non… pas aujourd’hui ». En clair, j’essaie de lui faire comprendre que je ne pourrai pas en 5 minutes lui expliquer 148 pages d’immo, d’autant que j’avais vraiment autre chose à penser. Que croyez-vous qu’il se passa… Elle l’a mal pris. Elle organisait une soirée zouk en fin de semaine, quasiment tout le monde était convié mais pas moi. J’ai beau l’avoir aidé des dizaines de fois, mon refus pouvait bien être logique, simplement l’homme de « confiance » s’était à un moment donné transformé dans son esprit en « homme à tout faire », du genre à ne jamais refuser, et donc j’étais, pour elle, certainement en faute.
Alors je ne vais pas non plus noircir le tableau. Il y a aussi des avantages. Un jour vous rencontrez une jolie blonde au regard d’enfer et aux jambes de feu pour qui vous n’êtes pas simplement le gars lambda et qui, même après avoir rompu, reste une personne pour qui vous comptez. Vous tombez une autre fois sur une gamine venue d’un autre continent et qui vous considère vraiment comme un grand frère alors qu’elle se trouve isolée de sa famille pour longtemps encore et qui vous abreuve d’une gentillesse véritable et sans calcul. Pour ce genre de rencontre, vous vous surprenez à penser que ce n’est pas si mal d’être le zig sur qui on peut compter.
Enfin, vous vous le dites 5 minutes parce que vous vous apercevez qu’un balèze de 90 kg est arrivé à vous refourguer la compta dans un état innommable d’une association étudiante et que vous vous demandez comment vous allez arriver à faire en sorte que ce grand n’importe quoi puisse ressembler à quelque chose au cas où le percepteur ait l’envie de faire un contrôle fiscal. La confiance… Une valeur en forte dévaluation de nos jours.
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Björn, j’ai des problèmes. Ca ne va pas. Je me sens triste :’(
L’hébergeur d’Anime-Kun me cause des soucis. On ne peut plus faire de mise à jour correctement parce que le safe mode est activé. En plus il ne répond plus à mes emails. Je crois qu’il ne m’aime plus mais qu’il n’ose pas me le dire :”(
Bjorn, mon confident, mon pote, que dois-je faire?
Plus sérieusement, j’ai toujours réussi à éviter les situations que tu décris. Je vais difficilement vers les autres et du coup, les gens vont difficilement vers moi. Et je trouve ça plutôt bien en fait.
Ceci dit, je comprends tout à fait ce que tu décris. Le mieux à faire à mon avis, c’est de bien faire la différence entre les amis et les “simples” copains.
C’est tout le problème, ce n’est pas que je sois particulièrement avenant, j’ai même savamment cultivé le look de glandeur sur lequel on ne pouvait pas compter pendant longtemps, mais voilà c’est comme tomber dans un mauvais cycle, y a machin qui dit à bidule que t’es un bon mec, y a truc qui dit à l’autre “si t’as un problème appelle-le”, et le piège se referme. Je me suis même vu en train d’aider des gens avec lesquels je n’avais pas échangé 3 mots.
Pour tes ennuis, je serai ferme et définitif: dégage!!!!!!!
Merci Bjorn, ton article m’a vraiment rassuré.
Cela fait du bien de découvrir qu’il y a des avantages à ne “pas être de confiance” comme moi.
Du coup, plus de potes qui viennent vous confier leurs emmerdes alors que je suis tranquilelment en train de mater un anime.
Plus de potes qui viennent vous demander un service alors que vous avez autre chose à faire.
Plus de potes tout court, d’ailleurs…
Allons, Panzert! Un peu de nerf que diable! Tu peux ne pas être de confiance mais être aussi quelqu’un de jovial. Ca, c’est la combinaison gagnante. Tu as le beurre, l’argent du beurre et si tu n’es pas maladroit tu peux aussi avoir le cul de la fermière. C’est le même principe que pour une rave. Si on te demande si tu irais à la rave, tu répondrais oui parce que t’es un p’tit jeune bien dans ta peau et que tu aimes la vie et déconner et tout, et tout. Mais si on te demande si tu laisserais tes enfants aller dans une rave, tu répondrais non parce que tu connais les jeunes qui sont bien dans leur peau et qui aiment parfois trop la vie, etc… Là, c’est la même chose. Répète après moi, “je suis une méga rave sur le Causse Méjan, tout le monde veut y aller mais personne n’y enverrait ses enfants”. ;))
Bjorn a un fameux imouto-complex.
Indiscutablement la meilleure solution pour éviter les ennuis.
C’est le fameux Gabrielle complex, enfin fameux uniquement pour moi… Et Johnny Halliday peut-être.
On a beau en faire des tonnes, ce sont toujours les quelques grammes qui manquent que les gens remarquent le mieux.