Eclairé est celui qui sait que le comics ne se limite pas aux super-héros…

Frank Miller est loin d’être un auteur en marge du système écrasé par DC comics et Marvel, les deux plus gros éditeurs américains de comics. Il a relancé le mythe Batman, en dessinant The Dark Night Returns, mais il a aussi travaillé pour le cinéma en écrivant le scénario des deux derniers opus de Robocop. C’est un auteur très prolifique, dont Sin City est peut-être l’une de ses oeuvres les plus personnelles, les plus originales…

Sin City n’est pas non plus exempt d’influences du comics de super-héros, à admirer la force surnaturelle de certains personnages. Marv’ l’increvable, ou encore les incroyables résurrections de personnages. Mais Sin City c’est un melting-pot à l’américaine : des micro-traces du manga ou plutôt une pointe japonisante dans le personnage de Miho, une ambiance résolument rétro et noir qui rappelle inévitablement certains polars de la vieille époque…

  • Marv'

La ville du vice est divisée en trois castes : les putes, les flics et les truands. Chaque volume s’attarde sur un personnage, un homme viril et torturé, pour narrer une anecdote violente à souhait. A l’instar d’un Pulp Fiction, les 7 volumes font le coup de force d’être cohérent tout en étant dans un cadre antichronologique.

Graphiquement c’est superbe. L’encrage est parfait, et la principale originalité est le dessin négatif c’est-à-dire en inversant le noir et blanc, les lumières et les ténèbres. Sin City décidément porte bien son nom.

Ce qui m’a captivé au-delà de la débauche de femmes plus sublimes les unes que les autres, d’ailleurs l’érotisme est un thème majeur de Sin City, c’est l’introspection constante du personnage central. Son langage vulgaire, juste et sincère. Que ce soit Marv’, ou Dwight, il lutte perpétuellement contre ses peurs, contre ses faiblesses, toujours ce souci du self-controle et le soin de ne pas déroger à un certain code de l’honneur. Sans doute une réminiscence de son admiration pour le manga Lone Wolf and Cub dont il a déssiné les couvertures pour la version américaine.

Frank Miller joue maîtrise chaque pièce de son jeu, pour aboutir sur une ambiance sans pareille. L’une de mes bds préférés, édité en France par Rackam au prix exorbitant d’une vingtaine d’euros par tome…Néanmoins Sin city a été adapté au cinéma (seulement quelques tomes), dont le co-réalisateur n’est que l’auteur en personne, et le dvd dispo dans le commerce.

Additious

3 commentaires à “Sin City de Frank Miller”

  1. La première phrase est un peu exégérée non ? Tu voulais sûrement dire que les fans de manga ne connaissent rien aux comics en général ?
    Sinon bel article, désolé de faire le chieur.

  2. Nan en fait elle s’adresse à moi-même ^^ C’est-à-dire à ceux qui préfèrent se complaire dans leurs positions.
    J’étais totalement inculte en la matière jusqu’à peu, et je me complaisais dans les clichés des Xmen and co (vrais pour la plupart soit dit en passant, pour avoir essayer quelque comics de super-héros je me suis fait chier).

    Et ça m’a fait vachement plaisir lorsque j’ai lu Sin city ! J’aurais très bien pu passer à côté.
    J’ai longuement hésité entre le mot “heureux” et “éclairé” pour la petite histoire ;)

  3. Bref tout ça pour dire, que la phrase n’est pas du premier degré, siinon je suis bon pour l’asile (encore du second degré :})

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