Les fans d’animes et de mangas sont en général de bons connaisseurs en matière de jeux-vidéos, qui savent apprécier les longues heures passées devant leurs télés, avec une manette à la main, elle-même reliée à une console. La plupart du temps, l’otaku s’abruti avec délectation devant des RPG (role playing game / jeu de rôle), qui puisent leur inspiration justement dans l’univers jovial et coloré de la japanimation. Mais au-delà du vaste univers du jeu de rôle, où règnent les Final Fantasy et autres Dragon Quest, il existe un univers, certes moins vaste, mais tout aussi prenant : celui du jeu-vidéo PC. Dans ce monde sans pitié, où les textures se battent pour être plus belles chaque jour, et où le gameplay doit être parfait, une catégorie domine : celle du FPS (First Person Shooter).
Les connaisseurs des premières heures du FPS se rappelleront sans mal d’un dénommé Doom, d’un certains Wolfenstein 3D, ou encore d’un fameux Duke Nukem 3D. Ces vieux jeux, affreusement laids et relativement injouables, ont le mérite d’avoir posé les premières dalles ayant permis l’élaboration, des années plus tard, de hits planétaires, comme Half-Life, Halo, Far Cry ou encore Doom 3. Ces jeux ont d’ailleurs un point commun, autre que celui d’appartenir à la catégorie des FPS : ils sont tous scénarisés.
Et telle fut la plus grande innovation qui n’ait jamais eu lieu dans le monde du FPS. Car si l’on entend sans cesse parler des duels, deathmatch et capture the flag sur Unreal Tournament, ou des lans de Counter-Strike, l’essentiel des FPS sortant aujourd’hui sont dotés de scénarios, d’univers cohérents et d’ambiances absolument folles.
Tout commence avec Half-Life, pour ma génération (les jeunes étudiants). Pour la première fois, un jeu démarre sans avoir une flopée d’adversaires à fragger (tuer) pour terminer premier dans un classement. Non, ici l’univers est cohérent, et l’on évolue dans un complexe scientifique gigantesque, bourré de personnel, au sein duquel nous évoluons, sans armes. Le scénario se met progressivement en place, l’ambiance visuelle et sonore est absolument phénoménale, et l’on se retrouve happé dans un jeu qui va changer ma vision du FPS, ainsi que celle de millions de joueurs, répandus partout dans le monde. Pendant très longtemps, aucun jeu ne parviendra à égaler les qualités d’Half-Life, du moins dans ce registre précis.
Quelques années plus tard, un série à succès s’émancipe et rassemble une fabuleuse communauté de joueurs : Medal of Honnor. De nombreux jeux sortiront sous cette licence, et le plaisir de jeu, ainsi que l’immersion qu’ils proposeront seront toujours satisfaisants. Baignant dans l’ambiance folle de la seconde guerre mondiale, avec des musiques épiques à souhait et des décharges d’adrénaline stupéfiantes, il était difficile de résister aux charmes des médailles d’honneur.
Cette série fut d’ailleurs considéré comme la référence du FPS historique, jusqu’à l’arrivée de Call of Duty. Jamais l’immersion n’aura été plus forte, et plus saisissante qu’ici. Deux jeux sont sortis à ce jour sous la licence COD, tous deux dans le cadre de la seconde guerre mondiale, et tous deux furent d’énormes réussites. Toujours dans cette nouvelle génération de jeux, succédant à Half-Life, apparurent de bons jeux, comme Return to Castle Wolfenstein, Deus Ex, ou encore Quake 3, qui pour sa part fut exempt de tout scénario, pour laissez place à la baston pure. Barbare, mais sympa quand même.
Avec la Xbox, Halo fit son apparition, et renouvela grandement le genre du FPS scénarisé, nous offrant une expérience jouissive et extrêmement bien réalisée. Les fans de S-F furent ravis d’apprendre qu’un jeu console allait enfin leur offrir une expérience similaire aux bombes qui n’avaient de cesse de sortir sur PC.
Les années passent, les processeurs se renforcent, les cartes graphiques s’améliorent et les jeux doivent suivre. L’amélioration graphique permet d’offrir aux jeux des textures plus réelles, que ce soit pour les métaux, comme pour la peau, les cheveux, ou encore les yeux. Ce réalisme changea la conception du jeu pour les concepteurs. Ils voulurent créer des jeux où l’on perd l’impression de tirer dans un pixel, et où l’on se comporte comme si notre vie était en danger. Ce réalisme permit notamment de remplacer le stress du jeu par une sensation bien plus forte : la peur.
Parmi les révolutions attendues, celle qui fit probablement le plus parler d’elle fut Doom 3.
Doté d’une toute nouvelle technologie, l’ambiance visuelle et sonore n’avait jamais été autant travaillée. Un fabuleux travaille avait été fait sur la gestion des ombres et des lumières, au point de faire sursauter le joueur à chaque mouvement. Les créatures cauchemardesques peuplant le jeu furent une excellente incarnation de nos peurs, et permirent au jeu de nous gratifier d’une expérience saisissante, unique. Là où auparavant le joueur se plaisait à rusher (foncer tête baissée), il réfléchit, envisage les risques et prend peur, s’il ne panique pas. Ce qui était autrefois un défouloir est devenu un cauchemar ludique ; effrayant certes, mais tellement jouissif.
Avec Doom 3 apparut Far Cry, lui aussi doté d’un excellent scénario, et d’un travail dont la finalité était de susciter, là aussi, la peur du joueur.
Quelques temps plus tard, ce que des millions de personnes attendaient pointa enfin le bout de son nez : Half-Life 2 allait arriver. Supposé pulvériser tout ce qui existait d’équivalent, le jeu rencontra un franc succès, mais fut tout de même décevant. Moins travaillé que Doom, court et relativement simple, il fut la démonstration qu’une simple prouesse technique ne suffit plus ; il faut avant tout une ambiance prenante.
Il n’y a donc pas de doutes là dessus, les joueurs veulent désormais avoir peur. Cela fait quelques années que ces jeux ont envahis le marché, et déjà, une autre génération arrive, pendant que l’autre vit ses dernières heures de gloire.
F.E.A.R. fut considéré pour beaucoup comme le FPS le plus angoissant jamais conçu, STALKER, tout juste sortit, permet de mêler le RPG et le FPS, dans un cadre bien plus moderne et oppressant qu’un Morrowind ou Oblivion.
Si l’envie de susciter la peur perdure, le challenge pour les concepteurs est désormais de briser toute linéarité à leurs jeux. C’est ainsi que Bioshock, prévu pour la fin d’année, propose une expérience unique, pour laquelle il existe toujours plusieurs façons d’arriver à ses fins, et sans rien pour influencer nos décisions. Le joueur est désormais totalement libre. Plus tard encore sont prévus les premiers FPS fonctionnant sous DirectX 10, avec en tête Crysis, un jeu dans lequel notre personnage est équipé d’une combinaison bourrée de nano machines, lui permettant d’effectuer de gigantesques sauts, de frapper très fort et de courir très vite. Certes, cela semble simpliste, mais allié à la liberté d’action et à la beauté des graphismes, les fans de FPS ont de quoi baver.
Vous l’aurez compris, les jeux évoluent à une vitesse saisissante, et avancent toujours un peu plus loin dans le réalisme. Certaines personnes qu’il n’est pas moral de proposer des jeux permettant de tuer des individus, fictifs certes, mais humains dans le cadre du jeu. On peut effectivement se demander quelle sera la prochaine étape dans l’amélioration de ces jeux, où l’on s’amuse à massacrer tout ce qui bouge, sans la moindre moral, et sans la moindre éthique.
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Je regrette que tu n’évoques pas Postal 2, qui dans le registre du moralement discutable est un vrai joyau, même s’il est blindé de bugs.
Enfin, je doute que les fans Asimov et de Van Vogt furent tous “ravis d’apprendre qu’un jeu console allait enfin leur offrir une expérience similaire aux bombes qui n’avaient de cesse de sortir sur PC.” :’}
Non, les fans d’Asimoc et de Van Vogt ne peuvent pas avoir retrouvé les oeuvres de leurs auteurs dans Halo.
Cela dit, les fans de Stargate, de Star Trek et/ou de Star Wars si :) Tu fais ton petit taquin là, je t’ignore :p
Sinon Postal 2 est certes moralement discutable, mais il ne rentre pas vraiment dans l’esprit “global” de l’évolution du FPS. Je crois même qu’il est interdit à la vente désormais, donc je le met un peu de côté :)
Je suis une tâche en FPS. Le seul qui ait un peu retenu mon attention est Unreal Tournament sur Xbox. Après pas mal d’heures d’entrainement en solo, lorsque je me suis mis au mode online, j’ai rapidement compris que ce type de jeu n’était pas fait pour moi…
Halo, j’y ai joué et franchement ça ne m’a pas plus du tout. Les jeux d’action, c’est pas mon truc de toute façon. Je suis un intellectuel MOI :P
Etant un grand fan de FPS, je préfère quand même les jeux en ligne…surtout CSS (traduisez Counter Strike source).
Et ce que je préfère…c’est justement rusher comme un bourrin, seul moyen efficace de faire gagner l’équipe.
Et comme tout bon fan de CSS, j’exècre cette abominable race de peureux égoïste qu’on surnomme “campeurs”. Cachés derrière une caisse, attendant qu’un ennemi passe devant eux pour pouvoir tranquillement fragguer, ne montrant aucun intérêt pour l’objectif collectif, ce sont les parasites absolus de CSS…heureusement vite bannis par tout bon admin qui se respecte.
A part ça, rien ne vaut les FPS en ligne. Imaginer la tête de l’autre joueur que vous venez d’humilier par un coup de couteau, il n’y a rien de mieux…