
BIMBO vs PLAYBOY - Part 2
« Mais qu’est ce qu’il va encore faire, ce gros naze… »
Et voila, c’était parti. Il fallait que je leur propose de débarquer dans un coin branchouille par excellence, et il fallait qu’on tombe nez à nez avec le genre de minettes superficielles, pouffant de rire, gloussant, exagérant le moindre de leur geste et m’exaspérant au plus haut point. Je vais finir par croire que les filles « normales » n’existent plus, à force…
« Ah ouais ? Toi aussi t’aimes bien les soirées mousses en boîte ?!? Faudrait qu’on se fasse ça un de ses quatre, t’as qu’à me passer ton numéro ! »
Non mais là, faut pas exagérer…Qui passe le plus pour un looser : le type qui ose une approche aussi vulgaire, ridicule et exempte de tout bon sentiment, ou bien la fille qui s’apprête à plonger dans les secondes à venir ? Son large sourire ne laissait aucune ambiguïté concernant l’épilogue.
« C’est cool ça, tu vas voir, on va se marrer ! Mais les filles, vous êtes un peu toutes seules là, ça ne vous dit rien de rapprocher votre table de la notre ? Mes potes sont bien élevés, je vous le promets ! Ahahaha ! »
C’est ça, ris à ta blague pourrie. Je ne comprends pas ce que je fais là ; c’est vrai, il y a des bons côtés à acquérir une certaine popularité, mais une fois qu’on se rapproche du sommet et qu’on voit ceux qui partagent ce « privilège », croyez-moi, on a très vite envie de redescendre. Le seul problème, c’est que ces gens-là ne te laissent pas partir comme ça. Tu deviens un élément nécessaire, tu apportes un plus aux autres, et selon eux, les autres t’apportent un plus aussi. C’est un peu comme une équipe complémentaire, sauf que j’avais l’impression de m’élancer dans la vie avec des boulets plutôt que des bonus.
Très rapidement, les discours et rires suraigus ponctuant la fascinante conversation se déroulant sous mes yeux ne devint guère plus qu’un ensemble informe et inaudible suscitant la migraine. Allais-je simuler le malaise et rentrer rapidement chez moi ? Non, tout de même pas… Alors quoi ? Qu’est ce que je peux bien faire, alors que je suis pris au piège dans un monde superficiel ?
Je réfléchissais activement au moyen le plus propice pour fuir, ou bien pour inverser la vapeur. On ne sait jamais, peut-être que je pourrai même m’amuser si j’écoutais le monceau de débilités se déversant actuellement.
« Et là, le vendeur me dit : « non désolé, on n’a pas votre pointure sur ce modèle ». Je te jure, j’ai faillis le tuer ! J’avais fait tous les magasins pour trouver la version collector des converses, avec des rayures dorées tout autour ! »
« Tu m’étonnes ! A ta place j’aurais pété un câble ! » Ca, c’était un de mes potes qui, trop occupé à baver sur le wonderbra d’une des blondes surfaites invitées, ne trouvait rien de mieux à faire qu’avoir la bouche béante et le cerveau ramolli.
Je décidais de saisir l’occasion.
« Mais…Excuse-moi hein…Je voulais juste te demander à quoi ça peut bien te servir de chercher une paire de pompes qui doit surement coûter la peau du cul, alors que t’as déjà, j’en suis sûr, une garde-robe particulièrement fournie ? »
Toutes les filles de ce genre se doivent d’avoir des tonnes de fringues, d’accessoires, de chaussures et de maquillages pour ressembler à toutes les idoles pouraves. Elle faisait partie de ces cruches, c’était flagrant.
Le groupe de filles se mit à éclater de rire ; toute sauf la brune du lot, qui semblait totalement déconnectée du reste, mi-femme, mi-rien.
« T’es trop bête toi ! C’est histoire d’avoir ENFIN une paire de pompe que je ne retrouverai pas aux pieds de tout le monde ! J’en ai trop marre d’avoir les mêmes fringues que les autres, je peux être un peu plus original que ça quand mêêême ! Hihihihihihihi~~ »
J’ai beau être tolérant, je n’apprécie guère qu’une bande de cruches écervelées, sans vocabulaire, sans goûts…sans rien en fait, se mette à pouffer de rire lorsque je pose une simple question. J’avais décidé de pourrir l’ambiance.
« Tu sais, sans vouloir t’offenser bien sûr, je pense que si tu n’essayais pas de suivre la mode hideuse du moment, et que tu t’habillais avec un peu plus d’élégance, tu n’aurais plus ce genre de problèmes. Non ne prends pas cet air choqué, c’est vrai après tout, regarde toi…On dirait une fille lambda, qui se ballade avec le kit complet de la nunuche crédule, prête à claquer un paquet de fric dans des merdes, juste parce qu’elle n’a ni conscience de la qualité affligeante de ses fringues, ni du manque de mauvais goût flagrant dont elle fait preuve. »
Je me détournais du regard offusqué de l’idiote, pour trouver le regard irrité de mes compères. C’est vrai, pendant l’espace d’un instant, j’avais oublié que j’étais le seul à préférer l’élégance et la sobriété à la laideur de la mode. Ce que j’avais dit à l’une de nos invitées, ils pouvaient sans difficulté le prendre pour eux-mêmes. Un lourd silence s’installa ; j’entrevoyais la fin de ma misère sociale, et le renouveau de mes cercles relationnels. Je n’avais que faire de la médisance de cette pseudo élite ; le peu d’estime que j’éprouvais à leur égard me pousserait à rire de leurs remontrances.
C’est alors que mon plan parfait échoua. J’avais pourtant envisagé tous les cas possibles, et m’était assuré qu’à part de plates excuses, rien, plus rien ne parviendrait à m’emprisonner de nouveau dans cette caste de cons. Mais alors pourquoi la petite brune du lot s’est mise à se marrer ? Qu’est ce qu’il y a de drôle ? Et pourquoi du coup, tout le monde se met à rire, à me taper sur l’épaule ? MAIS QU’EST-CE QUI SE PASSE BORDEL ?
« Ralala, t’es pas simple à comprendre toi parfois ! J’ai cru que tu ne blaguais pas ce coup-là ! Ahahahaha~~ »
Si dieu existe, dieu me hait.
Pire encore, je ne voyais aucune perfidie dans le regard de celle qui avait tout foutu en l’air. Au contraire, elle avait l’air franchement gênée, comme si elle venait de saisir qu’elle m’avait enfermé à clé pour encore quelques temps dans ce monde de nazes. Au moins, celle qui avait rendue mon humeur des plus moroses n’avait pas l’air si stupide que ça…
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(Mon commentaire vaut pour les deux articles)
Hum, ces deux premières parties sont courtes et agréables, merci Sacrilège et Scalix.
Ne tombez pas trop par contre dans la méchanceté gratuite, votre histoire risquerait de manquer d’intérêt sinon (enfin c’est mon avis…)
Hé bien hé bien.
Sincèrement je ne pensais pas avoir fait preuve de méchanceté à proprement parler (catégorie humour + photos caricaturales + ça se voit que c’est pas rancunier quand même!).
On va dire que c’est l’accumulation des bimbos incessants tous les jours à répétition même quand je suis pas en super forme qui m’a poussée à l’agression non voulue ;)
Pour ma part, je n’ai jamais pensé que le simple constat, naturellement parodique, pouvait tenir de la méchanceté gratuite. Et puis c’était pas le but non plus là.
En tout cas je suis content que ça t’ait plu Angel, ça change des lectures très très ciblées du forum et du site ^^
Tout un pan de la “vie” que je n’ai jamais connu : j’ai jamais su draguer (ni voulu d’ailleurs), et surtout je n’ai jamais été dragué de cette façon… Je ne suis allé qu’une fois en boîte, la soirée mousse me donne des frissons rien que d’y penser, et la fête en horde me donne des vertiges. Qui a dit que j’étais le dernier des no-life ?
Vas-y Scalix, reste en haut de l’échelle, je te la câle du pied…
:)
Non mais attention ! Ceci est une caricature, et si le texte est à la première personne, ce n’est pas parce que je parle de ma vie hein ^^”"”"
J’ai beau connaître des gros nazes, rares sont ceux capables d’aller aussi loin dans le pathétique et le ridicule à la fois ; à moins d’être victime d’un pari qu’ils ne peuvent contourner :)
Je ne connais pas grand chose de tout ça, mais ça m’amuse de le parodier à l’extrême. D’autant plus que ça fait vivre ce merveilleux blog =]
La prochaine fois, Wata, tu seras mon personnage central. Si si, ça me fait plaisir :}
Je vais encore avoir le rôle du barbare grossier et alcoolique ?
Pourtant je t’imagine bien entouré de glands dans un bar miteux avec des gars qui sente l’après-rasage d’Auchan et des gamines qui se parfument aux “barbapapa pour elles” ou “noix de coco qui cogne, pour nous les pouffes”.
Je refuserai catégoriquement ce genre d’après-midis, sauf si je suis accompagné d’un barbare grossier et alcoolique, qui lui sentirait si fort la sueur que les parfums et autres produits malodorants bon marchés formeraient une fois mélangés l’odeur la plus divine du monde.